Le dessinateur, Damien Venzi, se définit lui-même comme un personnage Baudelairien vivant « dans les vastes étendues de la désolation »…Né en 1977, et voué à exercer un métier artistique après des études chaotiques, il a durant ses années de formation accumulé une imagerie fantasmagorique et un regard parfois désabusé sur le monde, mais empreint d’une forte ironie. Ses influences sont à chercher du côté d’Aliens, d’Ashley Wood, de Benjamin Carré ou du graveur Gérard Trignac. Plutôt inclassable, plutôt touche-à-tout, le dessinateur « détourne ses lacunes artistiques à son avantage » pour produire des univers d’où n’est pas absente une certaine forme de romantisme.
Le scénariste, Thierry Lamy (né en 1962), est un passionné de sciences humaines. Bibliothécaire de formation, il aborde ses scénarios avec une technique de documentation très poussée. Auteur du très remarqué album "Labienus" aux éditions Théloma, il écrit des histoires qui ont pour cadre des univers aussi bien antiques que contemporains, avec un sens du détail et un style minimaliste inimitable. Son écriture est très attachée aux dialogues et à la psychologie des personnages. Et lorsqu'il s'empare du sujet des tueurs en série, c'est avec un vrai sens du réel qu'il revisite les fonds de l'âme humaine pour en livrer toute la noirceur. Actuellement, c'est un des rares auteurs français de bande dessinée à pouvoir aller aussi loin dans l'écriture. Thierry Lamy se définit comme « quelqu’un qui a les pieds sur terre, et la tête dans les nuages ». Il vit dans le sud, près de Marseille.
L'histoire
«Dans la noirceur de l’abîme, la souffrance vous guidera. Ce sera une souffrance muette, celle des corps blessés, souillés, rejetés, puis vomis aux pieds d’une humanité terrifiée.
Une souffrance muette d’où surgiront les insoutenables questions.
Celles des vivants… »
Expert en profilage criminel, le docteur Karabegovic, un bosniaque installé à Chicago, se lance à la poursuite d’un tueur en série particulièrement monstrueux qui torture à mort et mutile de jeunes prostituées. Mais cette fois, Karabegovic doit faire équipe avec Dolorès Tolima, une fougueuse inspectrice mise au placard par sa hiérarchie.
L'investigation s'annonce difficile pour ces deux êtres à la dérive : les fantômes du passé ne cessent de tourmenter Karabegovic, tandis que Tolima dissous son mal-être dans l’alcool.
Cependant, Dolorès va peu à peu découvrir les étranges méthodes du docteur qui leur permettront de suivre une piste sérieuse.
Mais le mystère du Profileur persiste. Quel terrible passé a-t-il connu pendant le siège de Sarajevo en 1995 ? Qui est l’inquiétant Pokolj et la mystérieuse Petite Sirène qui semblent hanter son esprit ? Et pourquoi le Procureur Jack Baron couvre-t-il les investigations de Karabegovic menées en parallèle de l’enquête officielle ?
Alors qu’auteur d’eux, la violence quotidienne d’une société malade suinte et se répand, Karabegovic et Tolima parviennent, malgré leur mésentente, à identifier un suspect…
Pourtant au lieu de résoudre les meurtres, la confrontation avec le serial killer révèlera toutes les ambiguïtés, les erreurs et la fragilité qui composent l’âme humaine.
Avec « Le Profileur », Damien Venzi et Thierry Lamy revisitent les récits de « serial-killer » en nous plongeant dans un univers sombre, violent et sans concession qui n’est pas sans rappeler Sin-City de Frank Miller. S’appuyant sur des personnages psychologiquement trouble, une touche de fantastique, une documentation solide sur le profilage et les meurtriers en série et un graphisme d’une qualité cinématographique, « Le Profileur » s’inscrit dans la lignée du « Seven » de David Fincher ou de la série à succès « Dexter ».
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